
Tête de rame : portrait n°25
A la rencontre d’inconnus, croisés dans les transports en commun, et croqués dans leur quotidien de voyageurs du matin et du soir, avec une petite touche d’imagination en plus. Petites capsules temporelles, reflets de notre temps.
Lui grassouillet, avec un fin filet de barbe. Elle blonde, obèse, les cheveux attachés en queue-de-cheval. Elle aimerait bien avoir une coiffeuse, comme celle qui se trouvait dans la chambre de ses parents. Lui : tu devrais avoir une chambre de princesse, rose, avec des paillettes et tout le tralala. Elle : un ciel de lit, aussi. Et même un lit à baldaquin. Lui : dommage que la mère de ma fille n’ait pas eu ta fantaisie. Elle : des fois, mon mec me dit que je suis foldingue. Faut reconnaître que je suis pas toujours facile à suivre. Je suis sans doute égoïste, nom de Dieu, mais tu vois, je m’en ballec. Du moment qu’il ne touche pas aux miens, à ceux que j’aime. Lui : tout le monde pense la même chose, les gens sont bêtes, de vrais moutons. Elle : c’est triste.







