
Tête de rame : portrait n°22
A la rencontre d’inconnus, croisés dans les transports en commun, et croqués dans leur quotidien de voyageurs du matin et du soir, avec une petite touche d’imagination en plus. Petites capsules temporelles, reflets de notre temps.
Avec son baggy, ses baskets rouges dénouées, ses cheveux en vrac et ses jambes qui rythment l’impatience, cette jeune fille ne ressemble à rien. A rien, parce qu’elle sort tout juste de son lit et que je viens la surprendre dans sa salle de bain. Plus exactement, dans celle du comte de Toulouse, fils de Louis XIV. Les parois de la rame sont tapissées des carreaux de faïence de Delft, représentants les paysages et sujets marins du cabinet de toilette que l’on peut admirer au château de Rambouillet. Ça n’a cependant pas l’air de trop inspirer notre lève-tard qui remonte la capuche de son sweat orange sur ses cheveux. Et qui se réfugie dans la musique de ses écouteurs. Je parie qu’elle écoute un remix d’Henri Salvador. « Qu’est-ce qu’on est bien quand on est dans son bain ».







