
Tête de rame : portrait n°23
A la rencontre d’inconnus, croisés dans les transports en commun, et croqués dans leur quotidien de voyageurs du matin et du soir, avec une petite touche d’imagination en plus. Petites capsules temporelles, reflets de notre temps.
Elle relit ses fiches, stabilobossées de jaune et d’orange, puis son regard se perd devant elle et ses lèvres se mettent en mouvement. Sur les schémas, l’anatomie du pied. 26 os, 107 ligaments, 16 articulations, 20 muscles. Rien que ça. Est-elle étudiante en médecine ? Podologue ? Future kiné ? Je ne le saurai jamais. Les pouces de ses mains, croisées sur son sac léopard, tiennent deux feuilles quadrillées qu’elle a extraites d’un dossier à élastique de couleur fuchsia. Ce sont probablement les partiels qui se profilent. Les vacances de Noël ont dû être studieuses, les traits sont tirés, les yeux fatigués et les bâillements fréquents. Alors que le thermomètre n’affichait que péniblement 3°c ce matin, elle n’est habillée que d’une simple veste noire, dont elle a légèrement remonté les manches, et d’une chemise d’un blanc immaculé. A ses pieds, des baskets blanches à scratch. Elle range sa pochette dans son sac, d’où émerge un ordinateur, sort son téléphone et continue de réviser des schémas photographiés. Elle pianote de ses doigts dont les ongles sont peints, aux extrémités, d’un filet carmin. Elle jette un regard au cadran de sa montre dorée, se lève et attend avec impatience d’arriver à Montparnasse.







