
Tête de rame : portrait n°21
A la rencontre d’inconnus, croisés dans les transports en commun, et croqués dans leur quotidien de voyageurs du matin et du soir, avec une petite touche d’imagination en plus. Petites capsules temporelles, reflets de notre temps.
Il n’a d’yeux que pour lui. 20 ans, cheveux ras, manteau noir, sac noir, gants noirs. Un regard perçant, une voix autoritaire, une main ferme. Lui gémit, regarde les passagers qui, c’est selon, manifestent de la surprise, de la peur, de l’attendrissement. Il s’allonge, se redresse, pose sa tête dans les mains de son maître. Sa médaille en forme d’os pend à son cou, juste sous la muselière qu’il supporte difficilement. Il me regarde, puis semble demander à son maître l’autorisation de s’approcher de moi. « Atlan… ». La voix de son maître est sans espoir, ses yeux me quittent. Il me rappelle mon berger, compagnon de jeunesse. Mes amis le surnommaient « Hannibal le cannibale », mais il n’avait jamais mangé personne. Les deux se seraient bien entendus.







