
Tête de rame : portrait n°18
A la rencontre d’inconnus, croisés dans les transports en commun, et croqués dans leur quotidien de voyageurs du matin et du soir, avec une petite touche d’imagination en plus. Petites capsules temporelles, reflets de notre temps.
30 ans à tout casser. Très joli visage, aux traits fins, aux grands yeux marron. Pas suffisant pour que mon regard s’arrête sur elle. Non, ce qui retient mon regard, c’est ce qu’elle tient entre ses mains. Deux aiguilles bleues, fines, d’une trentaine de centimètres, et qui dansent au rythme d’un petit bonnet gris et noir. La jeune femme tricote. Le geste est sûr, mécanique, le regard attentif. Vue la taille du bonnet, elle doit tricoter pour un bébé, le sien sans doute. Ce tableau est un curieux mélange entre la modernité de cette jeune femme – habits branchés, sac à main noir plutôt moderne, coupe de cheveux courte et jeune – et le côté désuet du passe-temps. Je m’arrête sur un détail qui m’avait échappé jusqu’alors. La cuisse gauche. Que la jupe, remontée par la position assise, laisse paraître. Un énorme tatouage.







